Oloron : le centre social fait front, malgré l'orage budgétaire

Par Anne Saouter

La république des Pyrénées

L'assemblée générale du centre social La-Haüt, présidée par Gérard Gourrat, a été très suivie.
L'assemblée générale du centre social La-Haüt, présidée par Gérard Gourrat, a été très suivie. (A. Saouter)

Le public, qui s'est déplacé en nombre pour assister à l'assemblée générale du centre social, a été agréablement surpris de la tournure qu'a prise la soirée. L'équipe avait prévu une série de surprises qui n'ont en rien ôté le sérieux de l'entreprise. Écran géant, caméra, écrans TV, reconstitution d'un studio d'enregistrement pour une AG en images et "en live", puisque retransmise en direct sur Radio Oloron.

Mais l'originalité fût aussi portée par toutes celles et ceux qui sont montés sur les planches, entre rapport moral et rapport financier, abordant avec humour l'actualité politique ou des scènes de la vie quotidienne. Grâce aux jeunes et adultes du centre social, du centre d'animation ou encore du Patro Notre-Dame, le rire fût donc de la partie. Ce qui aura fait dire à Jean Baucou, avant qu'il ne salue le sérieux de la gestion de l'association : "Dans mon vécu de commissaire aux comptes, je n'ai pas eu l'habitude de le faire dans une ambiance aussi joyeuse".

Le public a eu droit également à des interviews, menées en direct par Michel Lample. Casque sur la tête, le président Gérard Gourrat, le directeur Philippe Berthomé, les jeunes de Linkult, les Femmes d'Horizon se sont donc succédé devant le micro pour répondre aux questions, pertinentes et parfois impertinentes, de l'animateur de Radio Oloron. Le professionnalisme fût mis au service d'initiatives ou d'analyses qui méritaient d'être ainsi contées et valorisées.

Car en effet, ce sont de belles et multiples aventures que le centre suit depuis plusieurs décennies. "Le centre social est un outil du territoire qui contribue au développement local et qui accompagne les initiatives locales" rappelle Jean-Philippe Berthomé. Tout en se laissant le temps de la réflexion et le recul nécessaire : "En ce qui concerne l'adaptation aux nouveaux rythmes scolaires, nous allons prendre le temps de travailler avec les divers partenaires, nous ne sommes pas là pour répondre le plus rapidement possible".

Là où les réponses deviennent en revanche de plus en plus urgentes, c'est pour ces personnes dont le quotidien devient trop difficile pour arriver à s'en sortir seules. "Nous percevons clairement un changement d'orientation de notre projet. Nous sommes toujours les garants des loisirs, du temps libre, du vivre ensemble, c'est notre mission depuis le début. Mais nous devons aussi mobiliser nos compétences au service de l'insertion sociale et professionnelle, et ce dans tous les secteurs" précise Gérard Gourrat. La-Haüt est plus que jamais un centre social.

Une trésorerie fragile pour 34 salariés

Après une année 2012 équilibrée, le résultat est à nouveau en déficit de 4327€. Même si cette somme est très peu significative par rapport au budget total, Gérard Gourrat insiste sur le fait que l'avenir de l'association est toujours marqué par le sceau de l'incertitude. Une gestion "trop aléatoire" avec 87 % de financement issus de subventions non obligatoires et une "vulnérabilité" avec un manque de trésorerie suffisante pour 34 salariés. Et alors qu'il faudrait simplifier, mutualiser, coordonner, c'est l'effet inverse qui se produit. Pour contrôler des fonds publics de plus en plus restreints, les dispositifs se multiplient, rendant d'une grande complexité chaque dossier, tout en étant chronophages.

C'est pourquoi le commissaire au compte, par ailleurs élu (maire de Navarrenx), pense que des structures comme le centre social devraient être accompagnées dans leurs démarches administratives par les collectivités territoriales. En attendant, ceux et celles qui apportent leur soutien avec une indéfectible fidélité, ce sont tous ces bénévoles qui donnent énormément sans compter. Ils ont été chaleureusement remerciés, ainsi que tous les salariés pour leur adaptabilité face aux restrictions budgétaires