Le centre social a tenu dernièrement sa 25e assemblée générale. Il demeure la plus grosse association d'Oloron, avec 3 000 adhérents, 34 salariés et 130 bénévoles.

Nous avons atteint un niveau de développement qu'il ne faut pas dépasser. » Le constat est signé par Jean Philippe Berthomé, directeur du centre social d'Oloron depuis sa création. A 25 ans, « La-Haüt » est contraint de stopper sa croissance, face aux pressions logistiques et financières de plus en plus lourdes.

C'est d'ailleurs en substance ce qu'avait déclaré le président de l'association, Gérard Gourrat, lors de la 25e assemblée générale du centre social. « Nous sommes passés en dix ans d'un établissement de quartier, ce qui était notre vocation première, à un Centre Social éclaté dans sept lieux sur le territoire de la CCPO. »

Outre la « maison mère », le centre social La-Haüt de Sainte Croix, l'association gère aussi l'espace jeune au centre d'animation municipal de Notre-Dame, le multi-accueil à Bitète, le centre d'hébergement d'urgence ou les jardins de Fred à Goès, depuis le 1er janvier 2009.

« Le plus gros chantier : stabiliser »

À cela s'ajoute La-Haüt Sono, structure commerciale pour des prestations sonorisation et vidéo (qui a ainsi sonorisé le « Off » du dernier festival de jazz). Le matériel sono est stocké à l'église Saint Pierre, celui des ateliers jeunes dans les locaux de Béatex.

« Le plus gros chantier, pour nous, ça a l'air bête à dire, mais c'est de stabiliser le centre social en l'état », reprend Jean-Philippe Berthomé. Malgré les efforts consentis sur le budget fonctionnement et par les 34 salariés de l'association, le centre social accuse encore un déficit de l'ordre de 14 000 euros.

« J'y vois deux raisons principales, analyse le président Gourrat. Les financeurs ne suivent pas à la hauteur de nos obligations, les subventions arrivent en retard et certaines sont supprimées. Or, nous dépendons presque complètement de ces subventions. Deuxième raison, la dispersion des actions du Centre Social dans sept lieux, la gestion de cinq structures provoquent des surcoûts importants de fonctionnement et de logistique. »

Avec ses financeurs (CAF, CCPO, mairie, Jeunesse et sport, conseil général, DDASS, CPAM), les dirigeants du centre social vont se pencher sur ses difficultés, afin de tendre vers l'équilibre en 2010. Ce qui n'empêche pas la structure de mener moult projets, du voyage humanitaire au Népal de douze jeunes aux vacances en famille qui ont bénéficié l'an dernier à une dizaine de familles.

Le tout en gardant l'esprit qui prévaut depuis 25 ans : « Préserver des projets qui touchent vraiment à la mixité sociale et qui sont portés par des habitants acteurs. » L'action sociale ne veut pas disparaître dans un « magma économique. »

>> " La plus grosse association d'Oloron "

Le centre social d'Oloron, c'est donc cinq structures réparties sur sept sites sur le territoire de la communauté de communes du piémont oloronais. Soit près de 3000 usagers. L'association emploie 34 salariés et 14 vacataires durant les périodes de vacances. Elle est surtout forte de 130 bénévoles. « Je pense que nous sommes la plus grosse association d'Oloron », glisse le directeur du centre social, Jean-Philippe Berthomé. C'est aussi celle qui bénéficie des plus grosses subventions : 152 000 euros à la ville et 106 000 euros à la CCPO, au titre du Multi-accueil.

Côté action sociale, on en a malheureusement, pourrait-on dire, pour son argent. Le centre d'hébergement d'urgence a relogé 11 personnes en très grande difficulté. Et le centre social a mené l'an dernier 78 dossiers de surendettement, soit une hausse de 40 % par rapport à l'année précédente.